La Fédération égyptienne de football a mis fin aux fonctions de Hossam Hassan, pourtant prolongé jusqu’en 2030 en septembre dernier. Une décision qui intervient après plusieurs mois de tensions autour du sélectionneur et de son frère Ibrahim Hassan, directeur de l’équipe nationale. Entre les critiques contre l’organisation de la CAN 2025, les accusations visant l’arbitrage et les désaccords avec plusieurs figures du football égyptien, le climat était devenu particulièrement difficile. Ali Maher a été désigné pour prendre les commandes des Pharaons.
La CAN 2025 a marqué le début des tensions
Les premières grandes controverses remontent à la Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc. Hossam Hassan avait publiquement contesté le calendrier de la compétition, estimant que l’Égypte n’avait pas bénéficié d’un temps de récupération suffisant. Le déplacement entre Agadir et Tanger avait également été pointé du doigt, tandis que le sélectionneur regrettait que le Sénégal ait disposé d’une journée supplémentaire avant la demi-finale.
Son frère Ibrahim avait lui aussi vivement critiqué les conditions d’hébergement de la délégation égyptienne à Tanger. Les déplacements imposés à l’équipe et les conditions d’organisation du match pour la troisième place avaient alimenté les tensions. Les échanges avec certains journalistes marocains avaient également contribué à détériorer l’image du staff.
Les incidents se sont poursuivis pendant le Mondial 2026
Les difficultés n’ont pas disparu après la CAN. Aux États-Unis, pendant la Coupe du monde 2026, Ibrahim Hassan s’est retrouvé au cœur d’une altercation avec un membre de la police de Dallas dans l’hôtel de la sélection. L’incident, déclenché par une situation impliquant une personne souhaitant approcher un joueur pour une photographie, a dégénéré en affrontement physique. Hossam Hassan avait ensuite indiqué que l’affaire était réglée et que la délégation avait accepté les excuses de la police.
L’élimination de l’Égypte face à l’Argentine (3-2) en huitième de finale a également provoqué une nouvelle polémique. Hossam Hassan avait contesté plusieurs décisions arbitrales, notamment un but refusé à Mostafa Zico et un penalty non accordé en fin de rencontre. Ses déclarations avaient dépassé la simple critique sportive, puisqu’il avait laissé entendre que les décisions pouvaient favoriser l’Argentine et Lionel Messi.
Mohamed Salah et Al Ahly également concernés
Les relations du sélectionneur avec certaines personnalités du football égyptien ont aussi été fragilisées. Le remplacement de Mohamed Salah lors d’un match contre l’Angola en qualifications pour la CAN, en septembre, avait suscité des interrogations sur leur entente. L’absence du capitaine lors de la rencontre suivante avait renforcé les spéculations autour de cette situation.
Un autre conflit a opposé Hossam Hassan au club d’Al Ahly. Le sélectionneur avait tenu des propos particulièrement sévères sur son gardien Mohamed El Shenawy, estimant que le joueur était arrivé à la fin de sa carrière sportive. Le club cairote avait réagi officiellement, jugeant ces déclarations déplacées à l’encontre de son capitaine.
Une crise médiatique qui a accéléré son départ
À ces tensions sportives se sont ajoutées des affaires personnelles qui ont largement débordé dans les médias égyptiens. Le Conseil suprême de régulation des médias était intervenu en septembre pour demander à la Fédération de prendre ses responsabilités face aux conséquences de cette exposition médiatique. Le 4 novembre, l’instance avait également prononcé une interdiction d’apparition médiatique visant Hossam Hassan.
La Fédération a finalement décidé de tourner la page, malgré la prolongation de contrat annoncée quelques semaines auparavant. Dans son communiqué, elle a expliqué que cette décision faisait suite à un examen des événements récents, estimant que ceux-ci avaient porté atteinte à l’image positive de la sélection et à sa stabilité.
La nomination d’Ali Maher ouvre désormais une nouvelle étape pour les Pharaons. L’ancien technicien était déjà évoqué parmi les candidats à la succession de Hossam Hassan, comme le détaillait notre précédent point sur la piste Ali Maher pour diriger l’Égypte. Le changement intervient dans un contexte particulièrement sensible, alors que la sélection doit retrouver de la sérénité et reconstruire une relation de confiance entre son encadrement, ses joueurs et ses dirigeants.
Cette crise rappelle également les difficultés rencontrées par l’entourage du sélectionneur ces derniers mois. Les déclarations d’Ibrahim Hassan sur les problèmes de santé de son frère avaient déjà alimenté les débats, comme nous l’évoquions dans notre article consacré aux révélations sur l’état de santé de Hossam Hassan.