La Coupe d’Afrique des nations conservera finalement son rythme biennal. Ce vendredi 30 octobre 2026, le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a voté à l’unanimité en faveur du maintien de la compétition tous les deux ans. Cette décision revient sur le projet précédent qui prévoyait de passer à une édition tous les quatre ans. Un changement de cap majeur pour les sélections africaines, leurs fédérations et les joueurs évoluant dans les championnats étrangers.
La CAF abandonne son projet de CAN tous les quatre ans
La réforme du calendrier de la Coupe d’Afrique des nations était devenue un sujet central pour les dirigeants du football africain. L’objectif initial consistait à espacer les éditions afin de réorganiser les compétitions continentales et de développer de nouvelles sources de revenus.
Mais cette orientation n’aura finalement pas résisté aux discussions internes. Patrice Motsepe, président de la CAF, avait annoncé lors de la conférence stratégique organisée au Cap-Vert du 7 au 9 octobre 2026 que le comité exécutif réexaminerait cette réforme.
Le vote du 30 octobre confirme donc le retour à une organisation fondée sur un cycle de deux ans, même si les prochaines éditions annoncées ne suivront pas toutes un intervalle strictement biennal.
La Ligue des nations africaine au cœur de ce revirement
La question financière a largement pesé dans la réflexion des dirigeants. La CAF envisageait de développer une nouvelle Ligue des nations africaine, destinée à occuper une place importante dans le calendrier international et à générer des recettes supplémentaires.
Cette compétition devait notamment permettre de compenser l’espacement des éditions de la CAN. Toutefois, selon les explications de Patrice Motsepe, plusieurs années seraient nécessaires avant qu’elle puisse produire des revenus suffisamment importants pour contribuer durablement au développement du football continental.
Dans ces conditions, réduire immédiatement la fréquence de la Coupe d’Afrique des nations aurait représenté un risque pour les fédérations. La CAN reste en effet une compétition majeure pour la visibilité des sélections, l’attractivité du football africain et les ressources de ses instances.
CAN 2027, 2028, 2031 et 2033 : le calendrier annoncé
La CAF a également apporté des précisions sur les prochaines éditions de son tournoi phare. La CAN 2027 doit se dérouler conjointement au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, trois pays d’Afrique de l’Est chargés d’accueillir la compétition.
Les éditions suivantes sont annoncées pour 2028, 2031 et 2033. Ce calendrier comporte donc plusieurs ajustements par rapport à une alternance régulière de deux ans, notamment avec deux tournois prévus lors de deux années consécutives.
Le calendrier international explique en partie ces particularités. La Coupe du monde 2030 constitue notamment une contrainte importante pour la programmation des grandes compétitions de sélections. La CAF entend tenir compte de cette échéance afin d’éviter une concurrence directe entre les phases finales continentales et le Mondial.
Un équilibre à trouver avec les clubs européens
Le maintien d’une CAN tous les deux ans soulève également la question de la disponibilité des internationaux africains. De nombreux joueurs représentant les 54 associations membres de la CAF évoluent dans des championnats situés hors du continent, notamment en Europe.
Pour leurs clubs, la fréquence des compétitions internationales représente un enjeu de gestion des effectifs et de récupération physique. Le calendrier des sélections peut entraîner des absences pendant certaines périodes de la saison, selon les dates retenues pour les tournois.
La CAF assure avoir pris en considération les intérêts des footballeurs professionnels évoluant à l’étranger dans sa décision. Le défi sera désormais de concilier les ambitions des équipes nationales, les impératifs sportifs des clubs et la protection des joueurs.
La Coupe d’Afrique des nations reste une priorité stratégique
Au-delà du calendrier, cette décision confirme la place centrale de la CAN dans la stratégie de développement du football africain. La compétition constitue une vitrine sportive, mais également un événement culturel qui rassemble les supporters du continent et les communautés africaines installées à travers le monde.
Pour Patrice Motsepe et son comité exécutif, conserver une fréquence élevée doit permettre de préserver cette dynamique tout en laissant davantage de temps à la future Ligue des nations africaine pour construire son modèle économique.
Reste maintenant à préciser les modalités pratiques de cette nouvelle organisation, notamment l’articulation entre les différentes compétitions et les périodes de mise à disposition des internationaux. Avec une CAN 2027 organisée en Afrique de l’Est et une autre édition annoncée dès 2028, les prochaines années s’annoncent particulièrement importantes pour l’avenir du football africain.