Ruben Amorim a marqué les esprits lors de son premier derby milanais sur le banc de l’AC Milan. Face à l’Inter de Cristian Chivu, l’entraîneur portugais a misé sur trois décisions tactiques particulièrement efficaces pour neutraliser les forces adverses. Le repositionnement de Yunus Musah, la confiance accordée au jeune Diawara et la liberté laissée à Adrien Rabiot et Diego Moreira ont notamment contribué à la maîtrise des Rossoneri. Une démonstration collective qui confirme les ambitions du club lombard.
Musah, la clé pour neutraliser Calhanoglu
Le premier choix fort d’Amorim concerne l’organisation de son milieu de terrain. Plutôt que de conserver son habituel double pivot, le technicien a aligné trois joueurs dans l’entrejeu, avec Musah chargé de limiter l’influence de Hakan Calhanoglu. Ce dispositif a réduit les espaces disponibles pour le milieu de l’Inter et compliqué la circulation du ballon.
Cette présence supplémentaire a également permis à Luka Modric de bénéficier d’une plus grande liberté. Le Croate a ainsi pu s’écarter, orienter le jeu et participer davantage à la construction offensive sans être constamment mobilisé par les tâches défensives.
Diawara récompensé pour sa maturité
Autre décision importante : la titularisation du jeune Diawara. À seulement 20 ans, le joueur a bénéficié de la confiance de son entraîneur, qui privilégie les performances observées à l’entraînement plutôt que l’expérience ou la réputation. Associé à Gila, il a contribué à fermer les couloirs et à limiter les possibilités offensives de l’Inter.
La menace milanaise a ainsi été mieux contenue sur les côtés. L’Inter a notamment eu du mal à exploiter ses centres, même si Spence a réussi à inquiéter le dispositif adverse avant de se heurter à la vigilance de Mike Maignan.
Rabiot et Moreira libérés de certaines contraintes
Le troisième levier d’Amorim a consisté à donner davantage de liberté à ses joueurs les plus créatifs. Adrien Rabiot et Diego Moreira ont pu se concentrer sur leurs qualités offensives sans devoir multiplier les efforts dans les phases de transition défensive. Leur complémentarité, déjà visible dans leur relation sur le terrain, a apporté une dimension supplémentaire au jeu milanais.
Cette approche illustre la volonté du technicien portugais de construire une équipe capable de valoriser individuellement ses meilleurs éléments tout en conservant un équilibre collectif. Le soutien des supporters et la satisfaction affichée par la direction dans les tribunes ont également accompagné cette prestation.
Un succès qui relance les ambitions milanaises
Au-delà de la rivalité locale, cette victoire représente une réponse importante après la défaite concédée contre Bologne quelques jours auparavant. L’AC Milan a montré qu’il pouvait réagir rapidement à une contre-performance et rivaliser avec un adversaire particulièrement exigeant.
Les Rossoneri peuvent désormais s’appuyer sur cette prestation pour poursuivre leur progression. Amorim devra toutefois confirmer ces premiers enseignements sur la durée. La maîtrise tactique affichée contre l’Inter constitue un signal encourageant, mais la régularité de l’équipe sera déterminante pour transformer cette performance en véritable dynamique.
Ce derby s’inscrit également dans une histoire particulière entre les deux formations, régulièrement marquée par des épisodes mémorables à San Siro, comme le rappelle le souvenir du derby milanais de 1949. Après ce succès, Amorim a également invité les supporters à garder les pieds sur terre, signe que le travail reste important malgré l’enthousiasme suscité par cette victoire.