Le Maroc entend faire de la Coupe du monde 2030 un accélérateur de transformation pour l’ensemble du pays. Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), a dévoilé les grandes lignes d’un projet qui dépasse largement la construction et la modernisation des stades. Transports, infrastructures ferroviaires, développement des villes et retombées économiques sont au cœur de cette stratégie, avec une ambition claire : faire profiter le plus grand nombre de territoires de l’organisation du tournoi.
38 sites prévus pour accueillir les sélections
Parmi les éléments présentés par Fouzi Lekjaa figure un dispositif d’accueil particulièrement étendu. Le cahier des charges marocain prévoit 38 sites destinés à recevoir les équipes participantes. Cette organisation doit permettre de dépasser le cadre des seules villes accueillant les rencontres et de répartir plus largement les retombées de la compétition.
Le dirigeant souhaite notamment éviter que les bénéfices du Mondial se concentrent uniquement dans les six villes hôtes. En ouvrant davantage de territoires à l’accueil des délégations, le Maroc espère favoriser l’activité économique, touristique et sportive dans différentes régions du royaume.
Le transport ferroviaire au cœur de la transformation
La modernisation des transports constitue un autre pilier de cette ambition. Le développement du réseau ferroviaire, notamment de la ligne à grande vitesse vers Marrakech, doit faciliter les déplacements et renforcer les connexions entre plusieurs grands pôles du pays. Une extension vers Agadir figure également dans les perspectives de développement à plus long terme.
Cette stratégie s’inscrit dans un programme d’investissements qui dépasse les besoins immédiats de la compétition. L’objectif est de construire des infrastructures capables de servir durablement les habitants, les entreprises et les visiteurs, bien après la dernière rencontre du tournoi. Le calendrier et la réalisation de chaque projet restent toutefois des éléments essentiels à surveiller : les ambitions annoncées ne signifient pas que toutes les infrastructures seront opérationnelles dès 2030.
Un Mondial pensé comme un projet de développement national
Pour Fouzi Lekjaa, l’organisation de cette édition possède une dimension historique. Le tournoi célébrera le centenaire de la Coupe du monde et réunira trois pays répartis sur deux continents : le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Le royaume représentera ainsi le continent africain dans cette organisation exceptionnelle.
Le président de la FRMF inscrit cette candidature dans une dynamique de développement engagée depuis la fin des années 1990. Le Mondial 2030 représente, selon cette vision, l’aboutissement de plusieurs décennies d’investissements et une occasion d’accélérer des transformations déjà engagées.
Au-delà des stades, les projets concernent donc les transports, l’aménagement urbain et la connectivité entre les territoires. Le Maroc veut également renforcer les retombées économiques et touristiques de cet événement international.
Le véritable héritage se jouera après la compétition
La réussite du projet marocain ne se mesurera pas uniquement à la qualité des enceintes sportives ou à l’organisation des rencontres. Elle dépendra aussi de la capacité du pays à concrétiser ses investissements et à faire en sorte que les nouvelles infrastructures profitent durablement à la population.
Le défi est considérable : coordonner les chantiers, respecter les calendriers et répartir les bénéfices au-delà des principales métropoles. Si cette ambition se concrétise, la Coupe du monde 2030 pourrait laisser au Maroc un héritage bien plus important qu’un simple événement sportif, avec des effets durables sur la mobilité, l’économie et le développement de ses régions.