Manchester United se retrouve au centre d’un classement particulièrement défavorable. Selon une étude de l’Observatoire du football CIES publiée en octobre 2026, les Red Devils présentent le bilan de valorisation des recrues le plus négatif parmi les clubs européens sur les cinq dernières années. À l’opposé, l’Eintracht Francfort, le Real Madrid et le Paris Saint-Germain figurent parmi les équipes ayant le mieux valorisé leurs investissements sur le marché des transferts.

Manchester United accumule les mauvaises opérations

Le constat établi par le CIES est sévère pour Manchester United. Depuis 2022, les joueurs recrutés par le club anglais affichent une dépréciation cumulée estimée à 405 millions d’euros. Il s’agit du résultat le plus défavorable parmi les formations européennes étudiées.

À l’échelle mondiale, seul Al-Hilal présente un bilan encore plus négatif, avec une dépréciation évaluée à 502 millions d’euros. Ces chiffres illustrent les difficultés rencontrées par plusieurs clubs ayant engagé des sommes considérables sans parvenir à préserver la valeur de leurs investissements.

Le classement ne mesure toutefois pas directement les pertes comptables des clubs. Il compare les indemnités investies dans les recrues aux sommes récupérées lors de leur départ ou à leur valeur de transfert estimée lorsqu’elles appartiennent toujours à leur équipe.

Des recrutements coûteux qui pèsent sur le bilan

Plusieurs opérations réalisées ces dernières années permettent de comprendre les difficultés mancuniennes. Le transfert d’Antony, arrivé en provenance de l’Ajax Amsterdam avant de rejoindre le Real Betis pour un montant nettement inférieur, constitue l’un des exemples les plus marquants.

Le recrutement de Jadon Sancho représente également un investissement important dont Manchester United n’a pas obtenu le rendement économique espéré. Ces dossiers témoignent des risques associés à une stratégie de recrutement reposant sur des indemnités élevées.

Depuis 2024, INEOS, associé à Sir Jim Ratcliffe, pilote les opérations football du club avec l’ambition de rationaliser sa politique sportive. Mais le classement du CIES porte sur plusieurs exercices et reflète également les décisions prises avant cette réorganisation.

Le Real Madrid et Francfort dominent le classement

À l’autre extrémité du tableau, l’Eintracht Francfort se distingue avec une appréciation cumulée de 527 millions d’euros pour ses recrues. Le club allemand devance de justesse le Real Madrid, deuxième avec 526 millions d’euros.

Le résultat madrilène repose largement sur la valorisation de joueurs toujours sous contrat. Le CIES met notamment en avant Kylian Mbappé, arrivé sans indemnité de transfert, et Arda Güler, dont la valeur estimée a fortement progressé depuis son recrutement.

Pour le Real Madrid, cette performance traduit la capacité à associer recrutement de joueurs prometteurs et constitution d’un effectif disposant d’une valeur marchande élevée. Les plus-values potentielles ne correspondent cependant pas nécessairement à des revenus déjà encaissés.

Le PSG confirme la valorisation de son effectif

Le Paris Saint-Germain apparaît lui aussi parmi les références de cette étude. Avec une appréciation estimée à 490 millions d’euros, le club parisien occupe la troisième place du classement mondial, devant Benfica et Manchester City.

Cette position souligne l’intérêt économique d’une politique visant à recruter et développer des joueurs dont la valeur peut progresser. Pour le PSG, l’enjeu dépasse les performances immédiates sur le terrain : il concerne également la capacité à maintenir un effectif compétitif tout en préservant la valeur de ses actifs sportifs.

Tottenham également en difficulté en Premier League

Manchester United n’est pas le seul club anglais à présenter un bilan préoccupant. Tottenham figure aussi parmi les formations les moins performantes de l’étude, avec une dépréciation de 188 millions d’euros.

À l’inverse, Manchester City fait partie des cinq clubs les mieux classés. Cette différence rappelle que les moyens financiers ne suffisent pas à garantir la réussite d’une politique de transferts. Le choix des profils, les conditions de recrutement et la capacité à développer les joueurs constituent des facteurs déterminants.

Une étude qui interroge la stratégie des grands clubs

Le travail du CIES porte sur les joueurs recrutés au cours des cinq dernières années, à l’exclusion des éléments issus des centres de formation. Il distingue les gains ou pertes réalisés sur les joueurs déjà transférés et les variations de valeur estimées pour ceux qui appartiennent encore aux clubs.

Cette distinction est essentielle pour interpréter les résultats. Une progression de valeur ne garantit pas une future vente au montant estimé, tandis qu’une dépréciation ne signifie pas automatiquement une perte financière immédiatement enregistrée.

Pour Manchester United, ce classement constitue néanmoins un avertissement sur l’efficacité de son recrutement. À l’inverse, les performances du Real Madrid, de Francfort et du PSG montrent qu’une stratégie sportive cohérente peut aussi contribuer à renforcer durablement la valeur économique d’un effectif.