Le prince Ali ben Al Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, a choisi d’apaiser ses relations avec la Confédération asiatique de football (AFC). Après avoir vivement critiqué le déroulement du congrès extraordinaire organisé à Tokyo et dénoncé une instrumentalisation politique de l’événement par Gianni Infantino, le dirigeant jordanien s’est engagé à coopérer avec les instances judiciaires de l’AFC. Ce changement de ton intervient alors que la polémique prend une dimension institutionnelle à l’approche de la prochaine élection présidentielle de la FIFA.
Un congrès asiatique au cœur de la controverse
La tension est née lors du congrès extraordinaire de l’AFC organisé à Tokyo. À cette occasion, le président de la confédération, le cheikh Salman ben Ibrahim Al Khalifa, a affiché son soutien à une nouvelle candidature de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA.
Le prince Ali a contesté la manière dont les débats avaient été conduits. Selon lui, les représentants présents n’auraient pas eu la possibilité de prendre la parole, de poser des questions ou de discuter librement des sujets abordés. Il a également accusé Gianni Infantino d’avoir donné une orientation politique à la dernière journée du congrès.
Ces déclarations ont provoqué une réaction officielle de la Confédération asiatique, qui a contesté la version présentée par le dirigeant jordanien.
L’AFC demande des éléments pour étayer les accusations
Dans un communiqué publié mardi, l’AFC a affirmé qu’aucune demande de prise de parole n’avait été formulée pendant le congrès, ni par le prince Ali ni par les représentants des associations membres.
L’instance asiatique a également rappelé que toute accusation concernant d’éventuelles pressions, menaces ou pratiques de corruption devait reposer sur des preuves crédibles. Face à la gravité des propos tenus, elle a annoncé leur transmission à ses organes judiciaires compétents pour examen.
Cette décision a placé le président de la Fédération jordanienne dans une situation délicate, ses critiques publiques faisant désormais l’objet d’une procédure d’examen institutionnelle.
Le prince Ali accepte de coopérer avec les instances judiciaires
Mercredi soir, le prince Ali a publié un nouveau message sur le réseau social X afin de préciser sa position. Il y a exprimé son respect pour la Confédération asiatique et ses organes judiciaires, tout en assurant qu’il coopérerait pleinement avec toute procédure engagée.
Le dirigeant jordanien a également expliqué que sa précédente intervention visait principalement à défendre la transparence des élections et l’indépendance du processus électoral au sein de la FIFA.
Il a précisé que son opposition de principe aux pressions, aux menaces et à la corruption ne constituait pas une accusation personnelle contre un responsable particulier. Il a enfin indiqué qu’il ne ferait pas de nouveaux commentaires tant que le dossier serait examiné par les instances compétentes.
La Jordanie revendique son indépendance pour l’élection de la FIFA
Malgré cet apaisement, le prince Ali maintient une position importante : la Fédération jordanienne de football entend exercer librement son droit de vote lors de la prochaine élection présidentielle de la FIFA, conformément aux règlements de l’organisation.
Cette précision intervient dans un contexte politique sensible. Gianni Infantino, à la tête de la FIFA depuis 2016, cherche à obtenir un nouveau mandat lors du scrutin prévu en mars 2027.
Le soutien affiché par la direction de l’AFC constitue un signal favorable pour le président sortant. Il intervient toutefois après une période de désaccord entre les deux organisations, notamment autour d’un projet controversé de cession d’une participation dans les compétitions de la FIFA, finalement abandonné.
Une affaire révélatrice des tensions dans la gouvernance du football
Au-delà du différend entre le prince Ali et la Confédération asiatique, cet épisode remet au premier plan les questions de liberté d’expression, de transparence et d’indépendance des fédérations nationales dans les grandes décisions du football international.
En acceptant de collaborer avec les organes judiciaires de l’AFC, le responsable jordanien cherche désormais à éviter une escalade supplémentaire. Les conclusions de l’examen annoncé permettront de déterminer si cette controverse entraîne d’autres conséquences institutionnelles.
Pour le moment, aucune sanction n’est établie à son encontre. Le dossier reste néanmoins sensible à quelques mois d’une élection qui doit déterminer la direction de la FIFA pour les prochaines années.