Avant Cristiano Ronaldo, le Portugal n’avait disputé que trois Coupes du monde et n’avait jamais remporté de trophée majeur. Vingt-trois ans après ses débuts internationaux, la sélection portugaise possède un Euro, deux Ligues des nations et une place durable parmi les grandes nations du football. Avec l’annonce de sa retraite internationale le 5 novembre 2026, Cristiano Ronaldo laisse derrière lui bien davantage que des records individuels : une transformation profonde des ambitions du football portugais.
Avant Ronaldo, un Portugal talentueux mais irrégulier
Le Portugal possédait déjà une véritable tradition footballistique avant l’arrivée de Ronaldo. Eusébio avait notamment conduit son pays à la troisième place de la Coupe du monde 1966, tandis que la génération de Luís Figo avait atteint les demi-finales de l’Euro 2000.
Pourtant, les participations aux grandes compétitions restaient irrégulières. Avant 2003, le Portugal n’avait disputé que trois phases finales de Coupe du monde, en 1966, 1986 et 2002, et trois Championnats d’Europe, en 1984, 1996 et 2000. Malgré plusieurs parcours remarquables, aucun titre majeur ne figurait encore à son palmarès.
De l’Euro 2004 au premier sacre européen
Le 20 août 2003, Cristiano Ronaldo effectue ses débuts internationaux face au Kazakhstan, à seulement 18 ans. Un an plus tard, il inscrit son premier but avec le Portugal contre la Grèce lors du match d’ouverture de l’Euro 2004. Les Portugais atteignent la finale du tournoi, mais s’inclinent à nouveau devant les Grecs.
Cette déception marque le début d’une longue quête. Ronaldo devient progressivement le visage de la sélection et participe à six Coupes du monde consécutives, de 2006 à 2026. Le Portugal s’installe durablement dans les grandes compétitions internationales, porté par plusieurs générations de joueurs.
Le tournant historique intervient en 2016, lorsque le Portugal remporte son premier Championnat d’Europe en battant la France en finale. Malgré sa sortie sur blessure pendant cette rencontre, Ronaldo soulève le trophée en tant que capitaine. Les victoires en Ligue des nations en 2019 et 2025 ajoutent deux autres titres à cette période exceptionnelle.
234 sélections et 146 buts : des records historiques
La longévité de Cristiano Ronaldo se mesure également à ses statistiques. Avec 234 sélections et 146 buts, il détient les records masculins du nombre de matchs internationaux disputés et de buts marqués en équipe nationale. Il est également devenu le meilleur buteur de l’histoire du Championnat d’Europe, avec 14 réalisations en phase finale.
Au-delà des chiffres, sa capacité à rester compétitif pendant plus de deux décennies constitue une référence. Son exigence physique, sa régularité et sa détermination ont accompagné l’évolution d’une sélection qui a appris à viser les trophées plutôt que la seule qualification.
Un héritage qui dépasse les trophées
Attribuer tous les progrès portugais à un seul joueur serait toutefois réducteur. Luís Figo, Pepe, Nani, Bernardo Silva, Bruno Fernandes et de nombreux autres internationaux ont contribué aux succès collectifs. La progression de la formation portugaise et la qualité des différentes générations ont également joué un rôle essentiel.
Mais Ronaldo a incarné cette montée en puissance comme aucun autre joueur. Son parcours a offert un modèle aux jeunes footballeurs portugais et renforcé la visibilité internationale de la sélection. La Fédération portugaise a d’ailleurs annoncé son intention de lui rendre un hommage exceptionnel pour saluer sa carrière.
Son départ intervient après une période de tensions avec le sélectionneur Jorge Jesus, un épisode qui contraste avec l’ampleur de son héritage sportif. Le Portugal doit désormais construire la suite sans son capitaine historique, avec une génération appelée à prolonger cette culture de la victoire.
Pour Ronaldo, l’aventure se poursuit en club avec Al-Nassr. Sa quête du 1 000e but en carrière reste ouverte, mais elle se poursuivra désormais sans le maillot portugais. Pour la sélection, le défi sera de conserver les ambitions installées au cours de ces 23 années et de démontrer qu’elles survivront au départ de leur plus célèbre représentant.