La Saudi Pro League serait-elle devenue un championnat dominé par seulement quatre clubs ? C’est l’affirmation provocatrice du journaliste sportif saoudien Walid Al-Faraj, qui estime que la majorité des équipes du championnat ne parviennent pas à rivaliser avec les grandes formations du pays en matière de popularité, d’affluence et de puissance commerciale. Des déclarations qui ont relancé le débat sur les véritables bénéficiaires du développement spectaculaire du football saoudien.

Walid Al-Faraj pointe la domination de quatre clubs

Lors de son émission « Rotana Sport with Walid », diffusée sur la chaîne Rotana Khalijia, le journaliste a été interrogé sur le manque d’attention accordé aux clubs évoluant en dehors du premier cercle de la Saudi Pro League. Sa réponse n’a pas tardé à faire réagir.

Selon lui, quatre équipes concentrent l’essentiel de l’intérêt des supporters, des recettes commerciales et des investissements. Il estime que les autres formations ont du mal à peser dans le paysage footballistique national. Pour défendre son analyse, il a notamment insisté sur le rôle des tribunes : la reconnaissance d’un club ne se mesure pas uniquement à ses déclarations, mais aussi à sa capacité à attirer du public dans son stade.

Le journaliste a toutefois tenu à préciser qu’il respectait l’ensemble des clubs engagés dans le championnat. Son propos porte davantage sur les différences d’influence et d’attractivité entre les formations que sur leur légitimité sportive à participer à la compétition.

Les affluences donnent du poids au débat

Pour illustrer son raisonnement, Walid Al-Faraj s’est appuyé sur les chiffres de fréquentation enregistrés depuis le début de la saison. Al-Hilal occupe la première place avec 107 688 spectateurs cumulés, devant Al-Ittihad et ses 103 215 entrées. Al-Nassr complète le podium avec 101 054 spectateurs.

Al-Qadsiah arrive ensuite avec 62 530 supporters, tandis qu’Al-Fateh totalise 38 819 entrées. Al-Ahli, pourtant considéré comme l’un des grands clubs du pays, figure en sixième position avec 38 779 spectateurs. Ces chiffres illustrent les écarts importants d’attractivité entre les différentes équipes.

Un championnat encore loin d’une popularité uniforme

Depuis plusieurs saisons, la Saudi Pro League bénéficie d’une exposition internationale croissante, portée notamment par l’arrivée de joueurs de renommée mondiale et les investissements consentis dans plusieurs clubs. Al-Hilal, Al-Nassr et Al-Ittihad occupent une place centrale dans cette stratégie, tandis qu’Al-Ahli fait également partie des formations les plus suivies du pays.

Mais cette visibilité ne profite pas nécessairement à toutes les équipes dans les mêmes proportions. Les chiffres avancés par Al-Faraj soulèvent ainsi une question importante pour l’avenir du championnat : comment transformer l’intérêt suscité par quelques grandes affiches en un engouement durable pour l’ensemble des dix-huit clubs ? Au-delà de la polémique, le développement de la compétition dépendra aussi de sa capacité à construire une véritable culture de supporters autour de toutes ses équipes.