Le Tribunal arbitral du sport (TAS) s’apprête à jouer un rôle central dans deux dossiers qui agitent le football international. Alors que le Sénégal conteste toujours la décision de la Confédération africaine de football (CAF) attribuant la CAN 2025 au Maroc, l’Argentine envisage désormais de saisir cette même juridiction après une décision défavorable de la commission d’appel de la FIFA concernant les sanctions prononcées à la suite de la finale de la Coupe du monde 2026.

La FIFA réduit la sanction de Nahuel Molina, mais maintient celle de Paredes

La Fédération argentine de football (AFA) a obtenu une première concession dans son recours contre les sanctions disciplinaires liées aux incidents survenus après la finale du Mondial 2026 face à l’Espagne. La commission d’appel de la FIFA a accepté partiellement sa demande concernant Nahuel Molina. La suspension du défenseur passe de sept à quatre rencontres, tandis que son amende est ramenée de 90 000 à 60 000 dollars.

La situation est différente pour Leandro Paredes. Le milieu de terrain argentin conserve sa suspension de dix matchs et son amende de 90 000 dollars. La FIFA a également maintenu les sanctions financières infligées à la fédération pour les incidents liés notamment aux chants discriminatoires de supporters pendant la compétition.

L’Argentine envisage un nouveau recours devant le TAS

L’AFA ne considère pas cette décision comme définitive sur le plan de sa contestation. Dans son communiqué du 6 novembre, la fédération a annoncé son intention de demander les motivations détaillées de la commission d’appel avant d’engager une nouvelle procédure devant le Tribunal arbitral du sport.

L’instance basée à Lausanne pourrait donc être amenée à examiner le différend si l’Argentine concrétise sa démarche. La fédération estime disposer d’arguments factuels et juridiques suffisants pour demander un nouvel examen des sanctions. À ce stade, il s’agit toutefois d’une intention annoncée : le recours devant le TAS n’est pas encore présenté comme officiellement enregistré.

Le Sénégal et le Maroc attendent également une décision majeure

Ce dossier argentin intervient alors que le TAS examine déjà un conflit particulièrement sensible concernant la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal. En mars 2026, la commission d’appel de la CAF avait déclaré le Sénégal forfait et attribué une victoire sur tapis vert (3-0) au Maroc, malgré le succès sénégalais 1-0 après prolongation sur le terrain.

La décision de la CAF faisait suite à l’interruption de la rencontre, lorsque les joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse pour protester contre un penalty accordé au Maroc en fin de temps réglementaire. Après la reprise, le penalty marocain avait été manqué et Pape Gueye avait inscrit le but de la victoire sénégalaise en prolongation.

Le Sénégal a contesté la décision de la CAF devant le TAS. Les représentants des différentes parties ont été entendus à Lausanne le 8 octobre. Initialement, une décision rapide était envisagée, mais la juridiction a finalement choisi de rendre une sentence complète comprenant ses motivations juridiques. Son verdict est désormais attendu à la fin du mois de novembre 2026.

Deux affaires différentes, une même juridiction sportive

Les deux procédures ne portent pas sur les mêmes faits ni sur les mêmes enjeux. Le dossier argentin concerne des sanctions individuelles et disciplinaires prononcées après la finale mondiale remportée 1-0 par l’Espagne. Le conflit entre le Maroc et le Sénégal porte, lui, sur l’application du règlement de la CAN et l’attribution du titre continental.

Le TAS pourrait ainsi être amené à examiner deux affaires particulièrement suivies par les supporters dans un contexte de tensions autour des décisions disciplinaires des instances du football. Pour l’Argentine, la prochaine étape dépend de la formalisation de son recours. Pour le Maroc et le Sénégal, l’attente est désormais concentrée sur la sentence annoncée pour la fin novembre, qui pourrait définitivement rebattre les cartes du palmarès de la CAN 2025.