Le football universitaire masculin américain pourrait finalement ne pas connaître le grand bouleversement de calendrier annoncé en octobre. Alors que la NCAA avait approuvé le passage à un modèle réparti sur deux semestres, une opposition grandissante parmi les établissements menace désormais de faire annuler cette réforme. Selon plusieurs sources, le nombre de votes nécessaires pour revenir sur la décision devrait être atteint avant la date limite fixée au vendredi 6 novembre.

Une réforme ambitieuse fragilisée par les oppositions

Le 7 octobre, le comité de première division de la NCAA avait validé le principe d’un calendrier automne-printemps. Cette évolution, discutée depuis près de dix ans, devait permettre de sortir d’une saison automnale particulièrement concentrée. Les défenseurs du projet estimaient qu’un championnat plus étalé favoriserait la santé des joueurs, leur progression sportive et une meilleure visibilité de la compétition, dont la finale se déroule actuellement au début du mois de décembre.

Mais cette première approbation n’avait pas recueilli suffisamment de soutien pour empêcher une procédure de contestation. Les universités disposaient ainsi d’une période pour demander l’annulation de la mesure. Au moins 241 établissements doivent soutenir cette démarche pour obtenir son retrait. D’après les informations disponibles jeudi 5 novembre, plusieurs sources anticipent que ce seuil sera atteint avant la clôture du scrutin, prévue vendredi à 17 heures, heure de l’Est américain.

Des universités sans équipe masculine au cœur de la contestation

La particularité du processus électoral explique en partie ce retournement. Les établissements éligibles de première division peuvent voter, même lorsqu’ils ne possèdent pas de programme de football masculin. Parmi les 213 universités qui disposent effectivement d’une équipe masculine dans cette division, environ 80 seraient fermement favorables à la réforme.

Une partie importante de l’opposition provient donc d’établissements qui ne sont pas directement concernés par cette compétition. Plus de 80 universités ayant déjà voté pour revenir sur la décision ne sponsorisent pas le football masculin de première division. Plusieurs arguments sont avancés, notamment la charge de travail supplémentaire pour les responsables de communication sportive, souvent chargés de suivre plusieurs équipes avec des calendriers différents. D’autres redoutent qu’une telle décision crée un précédent et encourage les autres disciplines universitaires à réclamer des changements similaires.

Les partisans de la réforme contestent ces inquiétudes et estiment que les bénéfices pour les joueurs doivent rester prioritaires. Ils soulignent également le soutien exprimé par les étudiants-athlètes et l’intérêt d’un calendrier davantage aligné sur celui du football professionnel américain.

Une autre organisation pourrait voir le jour

Un abandon de la réforme par la NCAA ne signifierait pas nécessairement la fin du projet. Sasho Cirovski, entraîneur de Maryland, estime qu’un groupe d’environ 80 universités particulièrement motivées pourrait chercher à construire une organisation distincte, éventuellement avec la participation de la Fédération américaine de football, U.S. Soccer.

Il évoque notamment un fonctionnement comparable à la distinction entre les divisions FBS et FCS du football américain universitaire. Les établissements favorables au calendrier automne-printemps pourraient ainsi avancer ensemble, tandis que les autres conserveraient leur organisation actuelle. Des discussions avec U.S. Soccer seraient également en cours, même si aucune nouvelle structure n’a été officiellement annoncée.

Les votes en faveur de l’annulation peuvent encore être retirés avant la date limite, mais plusieurs sources jugent ce scénario peu probable au regard de la mobilisation observée ces derniers jours. Le scrutin du 6 novembre doit donc déterminer l’avenir immédiat d’une réforme qui semblait pourtant avoir franchi une étape décisive un mois plus tôt.