Giovanni Carnevali veut remettre la Juventus sur les rails sans brûler les étapes. Lors de l’assemblée générale des actionnaires du 3 novembre 2026, le dirigeant a réaffirmé son soutien à Luciano Spalletti, détaillé les orientations du prochain mercato et insisté sur l’importance de la formation. Dans un contexte financier toujours délicat, le club turinois entend retrouver de l’ambition grâce à une organisation plus cohérente et à une meilleure valorisation de ses jeunes talents.
Spalletti conserve la confiance de la direction
Le message de Carnevali concernant l’entraîneur est sans ambiguïté : Luciano Spalletti reste l’homme chargé de conduire le projet sportif et bénéficie du soutien de sa direction. Le dirigeant souhaite installer davantage de continuité dans un club qui a connu plusieurs changements ces dernières années.
Il a également insisté sur la nécessité de travailler avec méthode, de renforcer la compétitivité de l’effectif et de retrouver une véritable unité autour de l’équipe. Pour Carnevali, les paroles ne suffiront pas : la Juventus doit désormais démontrer ses ambitions sur le terrain.
Un mercato guidé par la planification et l’identité italienne
Concernant les recrutements, le dirigeant n’a pas promis de grandes opérations spectaculaires. Il privilégie une approche réfléchie, avec une attention particulière portée aux jeunes joueurs et à l’identité italienne de l’effectif. La direction souhaite également mieux coordonner le travail de l’équipe première, de la Juventus Next Gen et du secteur de formation.
Carnevali a reconnu les contraintes imposées par l’accord conclu avec l’UEFA. Le club ne dispose donc pas d’une liberté totale pour ses opérations sur le marché des transferts. L’objectif reste de construire un effectif plus solide avec les ressources disponibles, plutôt que de multiplier les dépenses sans stratégie à long terme.
La Juventus Next Gen au cœur du projet
Le développement des jeunes constitue l’un des axes prioritaires annoncés pendant l’assemblée. Carnevali veut redonner au centre de formation une place importante dans la structure du club et faire de la Juventus Next Gen un véritable réservoir de talents pour l’équipe professionnelle.
Cette orientation doit permettre de mieux préparer les jeunes joueurs aux exigences du plus haut niveau, tout en renforçant l’identité italienne de la Juventus. Le dirigeant considère que les différentes équipes doivent avancer dans la même direction, avec une vision sportive commune.
Un problème réglementaire pour la liste européenne
Carnevali a également apporté une précision concernant la liste de joueurs inscrits pour les compétitions européennes. Edon Zhegrova ne peut pas remplacer Manuel Locatelli dans ce cadre, car le milieu italien répond aux critères de formation en Italie exigés par le règlement. Selon les explications du dirigeant, un remplacement doit respecter cette même catégorie de joueurs, ce qui oriente le choix vers Ekhator plutôt que vers Zhegrova.
Cette situation illustre les contraintes réglementaires auxquelles la Juventus doit répondre dans la gestion de son effectif. Au-delà des choix tactiques de Spalletti, la composition du groupe européen dépend aussi de critères administratifs précis.
Des finances encore sous pression
L’assemblée a également approuvé les comptes de l’exercice clos le 30 juin 2026. La Juventus affiche une perte nette consolidée de 66 millions d’euros, contre 58,1 millions lors de l’exercice précédent. Les actionnaires ont par ailleurs autorisé à 99,9 % une augmentation de capital pouvant atteindre 250 millions d’euros.
Cette opération doit contribuer à renforcer la structure financière du club et à soutenir sa compétitivité sportive. La direction souhaite notamment consacrer une partie des ressources aux investissements, en particulier dans le secteur sportif. Toutefois, le directeur financier Stefano Cerrato a prévenu que l’exercice en cours devrait encore se terminer dans le rouge, notamment en raison de recettes européennes inférieures à celles générées par une participation à la Ligue des champions.
Pour Carnevali, le chantier est donc autant sportif qu’organisationnel et financier. Le soutien affiché à Spalletti, la volonté de mieux exploiter la formation et la prudence sur le mercato dessinent les contours de la nouvelle stratégie turinoise. Reste maintenant à transformer ces engagements en résultats et à rendre à la Juventus la place qu’elle souhaite retrouver parmi les grandes équipes européennes.