La situation devient particulièrement tendue au Türkgücü Munich. Vingt et un joueurs ont décidé de boycotter les entraînements et les rencontres pour protester contre leur entraîneur, Slaven Skeledzic, ancien membre du staff du Bayern Munich. Une crise interne qui fragilise encore davantage un club déjà marqué par de graves difficultés financières et sportives.

Un boycott collectif qui paralyse le club

Le conflit a pris une dimension spectaculaire lors d’une rencontre de Landesliga Südost. Alors que Türkgücü Munich affrontait le Wacker Munich, les joueurs concernés ont refusé de participer au match. Ils sont restés en survêtement sur des bancs, laissant principalement des éléments de moins de 19 ans défendre les couleurs du club. L’équipe a finalement subi une lourde défaite, 6-1.

Les joueurs expliquent que leur démarche ne vise pas à nuire à Türkgücü Munich, mais à obtenir un changement afin de pouvoir retrouver des conditions leur permettant de jouer ensemble avec confiance et motivation. Ils reprocheraient notamment à Slaven Skeledzic une méthode de management jugée trop autoritaire, avec des convocations anticipées aux entraînements et des échanges particulièrement tendus.

Slaven Skeledzic et la direction rejettent les accusations

La direction du club a choisi de soutenir son entraîneur. Le président Ertürk Alagöz a fermement contesté les reproches formulés par les joueurs et n’a pas exclu des mesures contre les grévistes. De son côté, le conseil d’administration a également accusé certains joueurs expérimentés d’avoir volontairement refusé d’appliquer les consignes tactiques, contribuant ainsi au désordre sur le terrain.

Slaven Skeledzic a lui aussi pris publiquement la parole. Dans une déclaration, il a qualifié le boycott de profondément décevant et injustifiable, estimant que cette mobilisation avait causé un préjudice important au club et à sa propre personne. Il a également évoqué la possibilité d’engager des démarches juridiques contre les personnes impliquées.

Un sponsor important se retire dans un contexte déjà fragile

La crise a pris une nouvelle ampleur avec l’annonce du retrait d’Alagöz Holding, principal sponsor du club. Cette décision représente un nouveau coup dur pour une structure qui a déjà connu plusieurs épisodes financiers difficiles. La direction a également fait savoir qu’elle n’entendait pas laisser le mouvement de contestation se poursuivre sans réaction.

La situation est d’autant plus préoccupante que Türkgücü Munich possède un passé récent marqué par une chute sportive et économique spectaculaire. Après plusieurs titres de championnat consécutifs, le club avait atteint la 3. Liga lors de la saison 2020-2021. Mais ses difficultés financières avaient provoqué l’arrêt de ses activités sportives à la fin du mois de mars de la saison suivante, après 31 journées. Depuis, l’équipe a progressivement dégringolé jusqu’à la Landesliga, le sixième échelon du football allemand.

Un ancien membre du Bayern au cœur de la tempête

Slaven Skeledzic connaît pourtant bien le football de formation allemand. Entre 2018 et 2022, il a travaillé au Bayern Munich comme adjoint de Miroslav Klose auprès des équipes de jeunes, notamment avec les moins de 17 ans. Il a ensuite accompagné Klose lors de sa première expérience comme entraîneur principal au SCR Altach, en Autriche. Il dirige Türkgücü Munich depuis la fin du mois de mars.

Reste désormais à savoir si les différentes parties pourront trouver un terrain d’entente. Avec 21 joueurs mobilisés, un sponsor majeur parti et une direction qui affiche sa fermeté, Türkgücü Munich traverse une crise qui dépasse largement les résultats sportifs. L’avenir immédiat du club dépendra notamment de sa capacité à sortir de cette confrontation interne.