La Juventus a dominé Naples (2-0) en s’appuyant sur une stratégie précise : exploiter le couloir gauche, multiplier les situations sur coups de pied arrêtés et faire la différence grâce à ses joueurs entrés en cours de match. Kerim Alajbegovic et Jérémie Boga ont concrétisé deux frappes lointaines qui ont permis à Luciano Spalletti de prendre le dessus sur son ancien club. Derrière le score, plusieurs choix tactiques ont pesé dans le déroulement de la rencontre.

Le couloir gauche, principale arme offensive de la Juventus

Alignée initialement en 4-3-2-1, la Juventus a progressivement adopté un 4-4-2. Juan Cabal et Kerim Alajbegovic ont particulièrement animé le côté gauche, en cherchant régulièrement les espaces derrière Giovanni Di Lorenzo. Cette zone est devenue le principal point faible du dispositif napolitain.

Les statistiques illustrent la domination territoriale des Turinois. Ils ont tenté 18 tirs contre seulement 7 pour Naples, obtenu 13 corners contre 4 et envoyé 29 centres dans la surface adverse. La Juventus a également touché 36 ballons dans la surface napolitaine, contre seulement 10 pour ses visiteurs. Malgré cette présence offensive, les occasions franches sont restées relativement rares.

Naples a manqué de solutions offensives

Le Napoli a pourtant légèrement dominé la possession, avec 51 % du ballon. Mais cette maîtrise est restée essentiellement concentrée dans l’entrejeu. Les hommes de Massimiliano Allegri ont eu beaucoup de difficultés à installer durablement leur jeu dans le camp turinois.

Le danger napolitain est principalement venu du jeu aérien. Lorenzo Lucca a notamment obligé Guglielmo Vicario à intervenir sur une tête dès la huitième minute. L’attaquant a encore été dangereux sur corner, tandis que Noa Lang a manqué une occasion intéressante après une combinaison entre Matteo Politano et Frank Anguissa. Cette tentative est toutefois restée l’une des rares opportunités construites au sol par Naples.

Zhegrova et Boga changent le scénario

Les ajustements des deux entraîneurs à la pause ont modifié les équilibres. Amir Rrahmani a remplacé Di Lorenzo, tandis que Billy Gilmour est entré à la place de Kevin De Bruyne. Du côté turinois, Federico Gatti a pris la place de Weston McKennie.

Le changement le plus déterminant est intervenu à la 59e minute avec l’entrée d’Edon Zhegrova à la place de Randal Kolo Muani. Onze minutes plus tard, l’ailier a éliminé son adversaire avant de servir Alajbegovic. Ce dernier a décoché une frappe du gauche à environ 20 mètres, laissant Alex Meret sans solution.

La Juventus a ensuite profité de l’expulsion de Luca Marianucci à la 75e minute, après un deuxième avertissement consécutif à une faute sur Cabal. Le Napoli s’est retrouvé en infériorité numérique alors qu’il devait déjà courir après le score.

Boga récompense les choix de Spalletti

La gestion des changements a encore fait la différence en fin de rencontre. Touché après son but, Alajbegovic a cédé sa place à Jérémie Boga. Juan Cabal a également dû sortir sur blessure à la 82e minute, remplacé par Andrea Cambiaso.

Cinq minutes plus tard, les deux entrants ont participé à la construction du deuxième but. Cambiaso a trouvé Boga dans le couloir gauche, permettant à l’ancien joueur de Nice de repiquer et d’enrouler une frappe du droit à distance. Meret n’a pas davantage réussi à empêcher ce deuxième but.

Cette victoire ne repose donc pas uniquement sur l’efficacité individuelle de deux joueurs. Spalletti a su identifier les espaces à exploiter, maintenir la pression sur le côté droit napolitain et utiliser son banc au bon moment. Pour Naples, le manque de présence offensive et l’incapacité à répondre aux ajustements turinois constituent les principaux enseignements de cette soirée.