À Casablanca, le Wydad Athletic Club représente bien davantage qu’une équipe de football. Fondé en 1937 dans le contexte du protectorat français, le club surnommé le « Château rouge » est devenu l’un des symboles sportifs et culturels du Maroc. Avec un palmarès national et continental exceptionnel, une histoire intimement liée à l’identité de Casablanca et des supporters réputés pour leur ferveur, le Wydad occupe une place à part dans le football africain.

Une naissance liée à l’histoire du Maroc

Le Wydad voit le jour en 1937 à l’initiative de jeunes nationalistes marocains réunis autour de Mohamed Benjelloun Touimi. À ses débuts, l’association se développe notamment autour de la natation et du water-polo, avant de créer sa section football en 1939. Son nom, qui signifie « amour » en arabe, est devenu au fil des décennies une véritable marque d’appartenance pour ses supporters.

Après l’indépendance du Maroc en 1956, le Wydad devient le premier club enregistré auprès de la Fédération royale marocaine de football. Cette période ouvre un nouveau chapitre pour une institution qui s’impose progressivement comme une référence du championnat national.

Un palmarès qui place le Wydad parmi les géants africains

Le club casablancais compte notamment 22 titres de champion du Maroc, neuf Coupes du Trône et trois Ligues des champions de la CAF, selon le bilan présenté dans le portrait consacré à son histoire. Sa première grande période de domination continentale intervient au début des années 1990, avec un premier sacre en Ligue des champions africaine en 1992.

Le Wydad retrouve ensuite les sommets grâce à plusieurs générations marquantes. En 2017, sous la direction de Houcine Ammouta, il remporte une nouvelle Ligue des champions face à Al Ahly. En 2022, l’équipe dirigée par Walid Regragui réalise à son tour cet exploit en dominant le même adversaire en finale. Ces succès ont renforcé la réputation du club bien au-delà des frontières marocaines.

Le derby contre le Raja, une rivalité qui dépasse le terrain

L’identité du Wydad est indissociable de sa rivalité avec le Raja Casablanca. Les deux clubs partagent le stade Mohammed-V, véritable théâtre du football casablancais depuis plusieurs générations. Leurs confrontations mobilisent une ville entière et attirent également des passionnés venus de l’étranger.

Dans les tribunes, les Ultras Winners 2005 incarnent la ferveur des supporters du Wydad. Leurs tifos, leurs chorégraphies et leur présence constante participent à l’atmosphère particulière du derby. Face à eux, les Green Boys du Raja entretiennent une rivalité tout aussi intense. Cette opposition constitue l’un des rendez-vous les plus marquants du football nord-africain.

Des joueurs emblématiques et une influence sur les Lions de l’Atlas

Plusieurs grandes figures du football marocain sont passées par le Wydad. Noureddine Naybet, devenu une référence défensive en Espagne avec le Deportivo La Corogne, reste notamment attaché à son club formateur. Ezzaki Badou, Aziz Bouderbala et Rachid Daoudi figurent également parmi les noms importants de son histoire.

Le club a aussi contribué à l’émergence de joueurs qui ont marqué les succès récents de la sélection marocaine. Achraf Dari, Yahya Jabrane et Yahya Attiat Allah ont notamment évolué sous les couleurs du Wydad avant de participer au rayonnement du football marocain. Le passage de Walid Regragui sur le banc casablancais, avant sa nomination à la tête des Lions de l’Atlas, illustre également les liens étroits entre le club et la sélection nationale.

Hakim Ziyech et Nordin Amrabat, des noms prestigieux attirés par le projet

Malgré des saisons récentes plus compliquées, le Wydad conserve un pouvoir d’attraction important. L’arrivée de Nordin Amrabat avant la Coupe du monde des clubs 2025 a notamment illustré l’intérêt que représente cette institution pour des joueurs ayant connu le football européen. Hakim Ziyech a également rejoint le club, où il a inscrit neuf buts en 16 apparitions selon les chiffres communiqués dans le portrait consacré au Wydad, avant de poursuivre sa carrière au Brésil avec Botafogo.

Le club a également confié son projet sportif à Paulo Sergio, ancien entraîneur du Sporting CP. L’objectif est de retrouver une place parmi les équipes capables de se battre pour les principaux titres nationaux et continentaux. Le chantier reste important après une période moins convaincante, marquée notamment par une cinquième place en championnat lors de la saison précédente et une élimination précoce en Coupe du Trône.

Un nouveau stade pour écrire la prochaine page

Le stade Mohammed-V reste profondément associé à l’histoire du Wydad, même si le club ne possède pas cette enceinte, propriété de la ville de Casablanca et également utilisée par le Raja. Son avenir pourrait toutefois s’écrire dans un cadre différent avec le Grand Stade Hassan II, dont la construction est prévue dans la périphérie de Casablanca dans la perspective de la Coupe du monde 2030.

Cette future enceinte, annoncée avec une capacité de 115 000 places, pourrait accueillir les deux grands clubs de la ville. Reste à savoir si elle parviendra à reproduire l’ambiance exceptionnelle qui a fait la réputation du stade Mohammed-V. Pour le Wydad, l’essentiel demeure : préserver une histoire construite sur les titres, la fidélité populaire et un lien presque familial avec ses supporters.