Ruben Amorim a parfaitement préparé son premier derby milanais sur le banc de l’AC Milan. Face à l’Inter de Cristian Chivu, l’entraîneur portugais a fait la différence grâce à trois décisions tactiques majeures : la titularisation du jeune Diawara, le renforcement de l’entrejeu avec Musah et la liberté accordée aux joueurs offensifs les plus talentueux. Une stratégie payante qui a permis aux Rossoneri de prendre rapidement l’avantage et de mieux contrôler les moments importants de la rencontre.

Diawara, un choix audacieux pour contenir les couloirs

Amorim a d’abord fait confiance à Diawara, âgé de seulement 20 ans. Plutôt que de privilégier automatiquement l’expérience, le technicien a récompensé les performances observées quotidiennement à Milanello. Associé à Gila, le jeune joueur a contribué à limiter les possibilités offensives de l’Inter sur les côtés. Les Nerazzurri ont ainsi eu beaucoup de difficultés à exploiter leurs centres, tandis que Mike Maignan s’est également illustré en repoussant une tentative dangereuse de Spence.

Musah et Modric au cœur du plan milanais

La deuxième décision importante concernait l’organisation du milieu de terrain. En alignant trois joueurs dans l’entrejeu plutôt que son habituel double pivot, Amorim a notamment cherché à réduire les espaces disponibles pour Hakan Calhanoglu. Musah avait pour mission de limiter l’influence du milieu turc et de fermer ses lignes de passe. Ce travail défensif a aussi permis à Luka Modric de bénéficier de davantage de liberté pour se déplacer sur les côtés, organiser le jeu et participer à la création des occasions.

Cette adaptation a contribué à perturber la construction de l’Inter. La réaction des hommes de Chivu a été particulièrement intense entre la 20e et la 35e minute, mais Milan a ensuite retrouvé ses repères et réussi à maîtriser davantage les débats.

Rabiot et Moreira libérés de certaines contraintes

Le troisième levier a consisté à mieux exploiter les qualités individuelles d’Adrien Rabiot et de Diego Moreira. Amorim leur a accordé davantage de liberté dans les transitions défensives afin qu’ils puissent conserver leur énergie pour les phases où leurs qualités techniques et leur capacité à faire la différence deviennent essentielles. Leur complémentarité a constitué l’un des points forts de la prestation milanaise.

Cette victoire prend également une dimension particulière après la défaite contre Bologne lors du match précédent. Le groupe a montré une capacité de réaction importante face à un rendez-vous particulièrement exigeant. Le contexte historique du derby rappelle d’ailleurs combien un début de rencontre réussi peut marquer les esprits, comme l’illustre l’histoire des entames marquantes entre les deux rivaux milanais.

Amorim peut-il installer Milan parmi les prétendants ?

Au-delà du résultat, cette prestation confirme la capacité d’Amorim à adapter son dispositif aux caractéristiques de l’adversaire. Ses choix ont permis de neutraliser plusieurs circuits offensifs de l’Inter tout en valorisant les qualités de ses propres joueurs. Le technicien portugais devra désormais transformer cette démonstration en régularité sur la durée. Les supporters milanais ont des raisons de se réjouir, mais l’entraîneur avait également appelé à garder les pieds sur terre après ce succès. La suite de la saison permettra de mesurer si ce derby constitue un véritable tournant dans les ambitions du club.

La prochaine échéance européenne contre Ferencváros, programmée le 5 novembre, offrira une nouvelle occasion de vérifier si les Rossoneri sont capables de prolonger cette dynamique positive.