Le Ballon d’Or 2026 remporté par Harry Kane n’a pas seulement fait parler pour son classement final. La publication du détail des votes des 100 journalistes internationaux a révélé plusieurs choix particulièrement surprenants, avec des absences inattendues et des premières places attribuées à des joueurs loin des favoris. Derrière la victoire de l’attaquant anglais, obtenue avec seulement 28 points d’avance sur Kylian Mbappé, ces différences de jugement interrogent sur la manière dont les performances individuelles sont évaluées d’un pays à l’autre.

Harry Kane sacré devant Mbappé dans un scrutin serré

Avec 1 055 points, Harry Kane a remporté le Ballon d’Or 2026 devant Kylian Mbappé, deuxième avec 1 027 points. Lamine Yamal a terminé troisième avec 881 points, tandis que Rodri a complété le top 4. Un résultat relativement serré entre les deux premiers, qui rend chaque bulletin particulièrement important dans la lecture du classement final.

Mais certains journalistes ont établi des hiérarchies très éloignées de celle du classement général. Le représentant grec a notamment placé Khvicha Kvaratskhelia en première position, devant Rodri et Willian Pacho. Harry Kane n’occupait que la septième place de son bulletin, tandis que Mbappé, Yamal et Ousmane Dembélé n’y figuraient même pas.

Des choix individuels qui surprennent

Le vote ukrainien a également retenu l’attention. Son journaliste a choisi Fabián Ruiz comme premier, devant Pau Cubarsí et Kvaratskhelia. Kylian Mbappé était totalement absent de son top 10, tandis que Lamine Yamal apparaissait seulement en septième position et Harry Kane en neuvième.

La sélection de Curaçao a offert une autre particularité : son représentant a été le seul à placer Michael Olise au sommet de son classement. Ces choix illustrent les différences d’appréciation entre les votants, même lorsqu’ils doivent départager les meilleurs joueurs de la planète.

Yamal et Kane oubliés dans plusieurs pays

Les absences de certains favoris constituent l’autre élément marquant de cette publication. Les journalistes de Côte d’Ivoire et du Mexique n’ont notamment pas intégré Harry Kane dans leur top 10. Pour Lamine Yamal, les oublis ont été encore plus nombreux : le jeune Barcelonais ne figurait pas dans les classements du Cameroun, de la Croatie et de la Biélorussie, entre autres.

Le bulletin croate de Zdravko Reić a particulièrement attiré l’attention. Celui-ci avait placé Rodri en première position, devant Erling Haaland et Lionel Messi, tandis que Kane occupait la sixième place. Le journaliste a ensuite reconnu son erreur concernant le classement de l’attaquant anglais. Il a néanmoins maintenu son choix de ne pas sélectionner Yamal dans son top 10, estimant que le joueur du FC Barcelone n’avait pas été suffisamment décisif pendant la Coupe du monde.

Cette situation contraste avec les nombreux pays qui ont placé le jeune Espagnol en tête de leur bulletin. Le détail de cette répartition internationale, notamment les 13 pays où Yamal a terminé premier, permet de mesurer l’ampleur des divergences entre les votants.

Un scrutin qui nourrit les interrogations

D’autres bulletins ont également semblé influencés par les préférences nationales. La Colombie a notamment accordé une place importante à Luis Díaz, aux côtés de Willian Pacho et Julián Quiñones, même si son podium final restait composé de Kane, Rodri et Mbappé. Le Vietnam a privilégié Rodri pour ses performances à la Coupe du monde, tandis que l’Équateur a particulièrement valorisé plusieurs joueurs français, dont Mbappé, Olise et Dembélé.

Ces différences ne signifient pas nécessairement que le scrutin est truqué ou que les journalistes ne respectent pas les critères de sélection. Le Ballon d’Or repose aussi sur des appréciations individuelles, et chaque votant peut accorder une importance différente aux performances, aux compétitions et à l’influence des joueurs. Toutefois, lorsque plusieurs favoris disparaissent complètement de certains classements, la cohérence globale du système mérite d’être discutée.

Avec seulement 28 points séparant Harry Kane de Kylian Mbappé, les choix individuels ont pris une importance considérable dans l’issue du vote. La publication des bulletins confirme surtout une réalité : désigner le meilleur joueur du monde reste un exercice subjectif, même lorsqu’il repose sur un jury international de journalistes.