Arrivé sur le banc de l’AC Milan à l’été 2026 après une expérience difficile à Manchester United, Ruben Amorim connaît ses premières turbulences en Italie. Longtemps invaincus en Serie A, les Rossoneri ont subi leur première défaite en championnat contre Bologne (2-4), mercredi 28 octobre, à San Siro. Un revers préoccupant à quelques jours du derby face à l’Inter Milan, programmé samedi 31 octobre. Pour le technicien portugais, cette rencontre représente un premier véritable test de résistance dans son nouveau projet.

Un début encourageant brutalement interrompu

Les premières semaines de Ruben Amorim à Milan avaient pourtant donné plusieurs motifs de satisfaction. Son équipe avait traversé les huit premières journées de Serie A sans connaître la défaite, une performance qu’aucun nouvel entraîneur milanais n’avait réalisée depuis 1963.

Le Portugais semblait progressivement installer ses principes : un pressing agressif, davantage de mouvements offensifs et une volonté de récupérer rapidement le ballon. Ces changements avaient notamment suscité des commentaires positifs de plusieurs anciens joueurs du club, dont Hernan Crespo et Alessandro Costacurta.

Mais la confrontation avec Bologne a révélé les limites actuelles de cette transformation. Malgré une réaction convaincante après l’ouverture du score adverse, matérialisée par un doublé d’Alphadjo Cisse permettant à Milan de mener 2-1, les Rossoneri ont complètement perdu le contrôle de la rencontre en seconde période.

La défaite contre Bologne révèle un problème de constance

Le tournant du match est intervenu à la 60e minute, lorsque Davide Bartesaghi a marqué contre son camp. Samuel Mbangula a ensuite redonné l’avantage à Bologne avant de compléter son triplé en fin de rencontre. Le score final de 4-2 a sanctionné les difficultés défensives milanaises et leur incapacité à maintenir leur niveau d’intensité.

Cette baisse de régime n’est pas un phénomène totalement nouveau. Milan avait déjà montré des signes de relâchement lors de précédentes rencontres, notamment contre l’Atalanta, malgré une avance confortable au tableau d’affichage.

La question dépasse donc les seules erreurs individuelles. L’équipe doit apprendre à contrôler les temps faibles, préserver son organisation lorsque la pression adverse augmente et éviter de laisser trop d’espaces dans les transitions défensives.

Un football intense qui demande beaucoup d’énergie

Après le revers contre Bologne, Ruben Amorim a insisté sur la fatigue accumulée par son effectif. Les blessures limitent ses possibilités de rotation, tandis que l’enchaînement des rencontres européennes et nationales impose des efforts importants aux mêmes joueurs.

Le problème est directement lié aux exigences de son système. Le pressing haut et les courses répétées permettent à Milan de désorganiser ses adversaires, mais cette approche peut aussi exposer l’équipe lorsque les joueurs ne disposent plus des ressources physiques nécessaires.

Pour franchir un palier, Amorim devra trouver un meilleur équilibre entre agressivité et gestion des rencontres. Maintenir une pression constante pendant 90 minutes n’est pas toujours possible, particulièrement lorsque le calendrier se densifie et que plusieurs titulaires sont indisponibles.

Le Portugais a néanmoins montré une certaine souplesse tactique depuis son arrivée, acceptant notamment de modifier son organisation défensive pour s’adapter aux caractéristiques des joueurs disponibles. Une évolution notable par rapport aux critiques de rigidité qui avaient accompagné son passage à Manchester United.

Manchester United, une expérience qui influence son travail

L’échec de Ruben Amorim à Manchester United reste un élément important pour comprendre son nouveau défi. Son passage de quatorze mois à Old Trafford s’était achevé par un licenciement en janvier 2026, dans un contexte de tensions sportives et institutionnelles.

À Milan, le technicien dispose d’une nouvelle occasion de démontrer la valeur de ses méthodes, qui lui avaient auparavant permis de remporter deux championnats portugais avec le Sporting CP.

La différence pourrait se jouer dans sa capacité d’adaptation. Plutôt que d’imposer systématiquement une seule structure tactique, Amorim paraît désormais davantage disposé à ajuster ses choix aux contraintes de son effectif. Reste à savoir si cette évolution permettra d’obtenir des performances plus régulières sur la durée.

Le soutien de Gerry Cardinale, un élément déterminant

Malgré les premières difficultés, le propriétaire milanais Gerry Cardinale a publiquement réaffirmé sa confiance envers Ruben Amorim. Le dirigeant américain considère que la reconstruction sportive exige de la stabilité et ne souhaite pas reproduire les changements d’entraîneur à répétition.

Cette position donne au Portugais une certaine marge de manœuvre. Le projet repose sur l’installation progressive d’une nouvelle identité de jeu, plutôt que sur une transformation immédiate de tous les résultats.

Mais la patience des dirigeants ne supprime pas les exigences liées à un club de l’envergure de l’AC Milan. Les performances dans les grandes affiches, la progression collective et la capacité à rivaliser avec les concurrents directs pèseront nécessairement dans l’évaluation de son travail.

Le derby contre l’Inter, un rendez-vous déjà capital

Samedi 31 octobre, Milan retrouvera l’Inter à San Siro pour un Derby della Madonnina particulièrement attendu. Les Rossoneri abordent cette confrontation avec sept points de retard sur leur rival, dans un championnat où chaque confrontation directe peut modifier les ambitions des prétendants aux premières places.

L’Inter de Christian Chivu possède une organisation plus installée, mais n’échappe pas non plus aux difficultés physiques provoquées par l’enchaînement des rencontres. Sa récente victoire contre Venezia (2-0) n’a pas entièrement dissipé les interrogations sur son niveau de performance.

Du côté milanais, Amorim espère récupérer certains joueurs et retrouver l’énergie nécessaire pour appliquer son pressing. L’efficacité offensive de Gonçalo Ramos, encore irrégulière, représente également un axe de progression important.

Une victoire permettrait de relancer immédiatement la dynamique et de renforcer la crédibilité du nouveau projet. À l’inverse, une nouvelle défaite accentuerait les interrogations sur la capacité du technicien portugais à transformer ses idées en résultats durables. Pour Ruben Amorim, l’enjeu dépasse donc les trois points : il s’agit de prouver que les enseignements tirés de Manchester United commencent réellement à porter leurs fruits à Milan.