Gian Piero Gasperini peine à digérer la défaite de l’AS Roma contre Manchester United (3-2) en Ligue des champions. Alors que son équipe menait de deux buts à Old Trafford, les Italiens ont complètement perdu le contrôle de la rencontre. Pour leur entraîneur, ce nouveau renversement est particulièrement préoccupant, davantage encore que celui subi précédemment face au Real Madrid. Au-delà du résultat, c’est la réaction de ses joueurs face à la pression adverse qui l’inquiète.

Deux buts d’avance, puis un effondrement à Old Trafford

La Roma avait pourtant parfaitement lancé sa soirée. Matias Soulé avait ouvert le score avant que Donyell Malen ne transforme un penalty, permettant aux visiteurs de mener 2-0 après seulement 18 minutes. Les hommes de Gasperini avaient même obtenu plusieurs occasions de creuser l’écart.

Mais Manchester United a progressivement inversé la dynamique. Bruno Fernandes a relancé les Red Devils sur un penalty à retirer, avant que Matheus Cunha ne signe un doublé décisif pour offrir la victoire aux Mancuniens. Un scénario spectaculaire dans lequel l’épisode du penalty a constitué un véritable tournant. Bruno Fernandes est lui-même revenu sur les circonstances de ce penalty, qui a contribué à relancer son équipe.

Pourquoi Gasperini distingue cette défaite de celle contre le Real Madrid

Gasperini établit une différence importante entre les deux revers européens. Contre le Real Madrid, la Roma avait été renversée dans les dernières minutes, notamment sur des corners. L’entraîneur italien considère que ce scénario était difficile à anticiper tant son équipe semblait jusque-là maîtriser la situation.

Face à Manchester United, les signes du basculement étaient beaucoup plus visibles. Après la réduction du score, les Anglais ont retrouvé de l’énergie, encouragés par leur public. La Roma, elle, n’a pas réussi à répondre à cette montée en intensité.

Le technicien estime notamment que son équipe aurait dû mieux gérer les périodes de domination adverse. Selon lui, il faut savoir résister pendant les quinze ou vingt minutes où Manchester United impose une forte pression, plutôt que de laisser l’adversaire enchaîner les situations dangereuses.

Une incapacité à casser le rythme qui pose question

L’analyse de Gasperini ne se limite pas au mental. L’entraîneur pointe également plusieurs problèmes tactiques apparus après la pause. Manchester United a modifié son organisation et intensifié son pressing, empêchant progressivement les Romains de construire leurs attaques comme en première période.

La Roma n’a plus réussi à suivre les déplacements des attaquants adverses ni à exercer la même pression sur le porteur du ballon. Gasperini reconnaît que son équipe aurait probablement dû davantage utiliser le jeu long pour contourner le pressing mancunien.

Il regrette aussi de ne pas avoir suffisamment ralenti le tempo lorsque les Anglais ont commencé à prendre l’ascendant. En laissant Manchester United multiplier les offensives, ses joueurs ont progressivement subi une rencontre qu’ils semblaient pourtant maîtriser.

Une fragilité mentale à corriger rapidement

Ce qui préoccupe particulièrement Gasperini, c’est la répétition de ces scénarios. Son équipe paraît capable de produire un football convaincant lorsqu’elle mène, mais rencontre davantage de difficultés dès que son avantage commence à disparaître.

L’entraîneur évoque une forme de découragement lorsque ses joueurs sentent la victoire leur échapper. Il souhaite les voir mieux gérer cette pression du résultat, sans perdre leurs repères collectifs dans les moments difficiles.

Cette nouvelle désillusion intervient également dans un contexte compliqué sur le plan physique. Mile Svilar, Pierluigi Gollini, Paulo Dybala, Manu Koné et Lorenzo Pellegrini figurent parmi les absents, tandis que Devyne Rensch a dû quitter prématurément la pelouse en raison d’un problème musculaire.

Avec quatre points en quatre rencontres et une 19e place au classement de la Ligue des champions, la Roma doit rapidement retrouver de la stabilité. Toujours invaincue en Serie A au moment de cette rencontre, elle doit désormais se concentrer sur la réception de Sassuolo. Pour Gasperini, la priorité est claire : transformer les enseignements de ces revers européens en progrès concrets, notamment dans la gestion des temps faibles.