Gianni Infantino fait face à une nouvelle pression dans la crise de gouvernance qui secoue la FIFA. Le 2 novembre 2026, l’instance mondiale a accepté de permettre aux membres de son Conseil de consulter des documents internes concernant le projet controversé FIFA Forward Enterprise (FFE), abandonné après une importante contestation. Cette décision intervient à la suite d’un ultimatum de l’UEFA, qui réclamait des explications sur les conditions de préparation de cette opération et sur les décisions prises au sommet de la fédération internationale. Mais cette ouverture reste très encadrée : les documents devront être consultés en personne au siège de la FIFA, à Zurich.
Le projet FFE reste au cœur du conflit entre la FIFA et l’UEFA
À l’origine de cette confrontation se trouve le FIFA Forward Enterprise, un projet qui envisageait de confier une partie des activités commerciales liées aux grandes compétitions de la FIFA à une structure susceptible d’accueillir des investisseurs privés. La perspective de faire entrer des capitaux extérieurs dans l’exploitation commerciale de la Coupe du monde avait provoqué une vive opposition, notamment en Europe. Gianni Infantino a finalement abandonné cette initiative le 1er août 2026, après les critiques de plusieurs confédérations.
Pour l’UEFA, le retrait du projet ne suffit toutefois pas à refermer le dossier. L’organisation européenne veut comprendre comment cette initiative a été élaborée, qui a participé aux discussions et pourquoi le Conseil de la FIFA n’aurait pas été suffisamment associé aux décisions. La fédération européenne avait notamment demandé des réponses écrites et la communication des pièces correspondantes avant le 2 novembre.
Des documents accessibles uniquement à Zurich
La réponse de la FIFA constitue une avancée, mais elle est loin de satisfaire automatiquement les exigences de transparence. Dans un courrier adressé aux membres du Conseil, le secrétaire général Mattias Grafström a indiqué que des documents importants pourraient être examinés au siège de l’organisation, à Zurich. Les responsables intéressés disposent d’un délai de deux semaines pour demander à consulter ces éléments.
En revanche, il ne s’agit pas d’une publication publique ni d’un accès numérique libre. Les consultations doivent se dérouler sur place et respecter des règles strictes de confidentialité. La FIFA justifie ces précautions par ses obligations juridiques et la sensibilité des informations concernées. Elle estime également que répondre intégralement aux nombreuses questions de l’UEFA dans le délai imposé était difficilement réalisable, notamment en raison de ses autres échéances institutionnelles et de contraintes juridiques.
Infantino sous pression avant l’élection présidentielle de 2027
Cette confrontation dépasse largement le seul projet FFE. Les interrogations européennes portent également sur plusieurs décisions prises sous la présidence d’Infantino, notamment l’attribution du premier FIFA Peace Prize à Donald Trump et la gestion du dossier disciplinaire de l’international américain Folarin Balogun. L’UEFA souhaite obtenir davantage de précisions sur les processus de décision et les mécanismes de contrôle internes.
Le calendrier rend cette bataille particulièrement importante. Gianni Infantino prépare sa candidature à un nouveau mandat à la tête de la FIFA, dont l’élection est prévue en mars 2027. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 18 novembre 2026. Les documents mis à disposition des membres du Conseil pourraient donc alimenter les discussions sur son bilan et sur la gouvernance de l’organisation avant cette échéance.
Pour suivre les précédents épisodes de cette crise, notre dossier sur les réformes proposées par Infantino après la controverse autour de la Coupe du monde apporte un éclairage utile. La question des réserves financières de l’instance avait également alimenté les tensions, comme le rappelle notre article sur les demandes de transparence financière adressées à la FIFA.
Une première ouverture, mais pas encore de réponse définitive
La décision de la FIFA marque un changement dans sa position face aux demandes européennes. Elle accepte désormais une consultation de documents qui étaient jusque-là au centre des contestations. Toutefois, les conditions d’accès, l’absence de diffusion numérique et les questions toujours en attente empêchent de parler d’une transparence complète.
Le véritable enjeu sera désormais de savoir ce que les membres du Conseil pourront effectivement découvrir et si ces éléments permettront de répondre aux interrogations de l’UEFA. Pour Gianni Infantino, cette affaire représente un test important de sa capacité à conserver la confiance des fédérations à quelques mois d’une nouvelle échéance présidentielle.